La suite du roman «Je préfère qu’ils me croient mort » écrite par Olivia et Noha

Tu parles français? Zu dem Buch „Je préfère qu’ils me croient mort“ von Ahmed Kalouaz haben Schüler des Sophie-Scholl-Gymnasiums München einen alternatives Ende geschrieben! Teile davon wurden auch auf seiner Lesung beim White Ravens Festival vorgetragen.

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Chapitre 23 : Saint-Étienne
C’est le début d’une nouvelle vie. Je suis dans le square Mouloudji, pensant à mon parcours. J’avais déjà compris que ma carrière dans le foot n’était rien qu’un rêve. C’est pour ça que j’ai pensé à un autre chemin, on pourrait dire un chemin moins parsemé d’obstacles. Au Mali, je n’avais pas eu la possibilité d’aller au lycée pour obtenir le bac, donc je me suis inscrit à Paris, au lycée Saint-Étienne. Cette école est connue parmi les immigrés parce qu’elle est spécialisée pour les enfants immigrés sans parents et sans papiers. J’espérais que le proviseur allait me répondre.
Maintenant je me retrouve dans un café proche du square Mouloudji. Soudain mon portable sonne. En ce moment je me sens nerveux et peureux. «Allô, c’est qui à l’appareil ?» «Allô, Monsieur Kounandi. Monsieur L’éclaire à l’appareil. Je suis le principal du lycée Saint-Étienne. Je suis très heureux de vous dire que vous pourrez aller au lycée Saint-Étienne à partir du trimestre prochain. Félicitations! ». « … Pardon. Je n’ai pas compris ?! C’est une blague ? ». « Haha ! Calmez-vous monsieur.  J’espère que vous aurez le temps pour un entretien   ben la semaine prochaine, mardi au bureau 072 ? Je vous remercie d’avance! À bientôt ! » « Monsieur euh… je vous remer… » La conversation est déjà terminée. Mon dieu, c’est incroyable ! Je n’arrive pas à le réaliser. Enfin… j’ai les larmes aux yeux. Peut-être qu’ils me croiront vivant et pas mort…

La semaine prochaine…
Je porte mon chemisier blanc et mon gilet gris. Je me suis bien brossé les cheveux. Je me sens comme un vrai homme. Alors, je me mets en route pour Saint-Étienne, bureau 072… mon seul espoir pour un nouvel avenir. En entrant dans le vieil immeuble, je ressens l’ambiance. Tous les élèves et les profs semblent être très occupés… inimaginable. Enfin je trouve le bureau de  monsieur L’éclaire. Je frappe doucement à la porte. Aussitôt, j’entends la voix d’un homme âgé. « Entrez ! » J’entre. Mais comment est-ce qu’on se présente ? Je me lance, courageux : « C’est Kounandi, le jeune homme du Mali qui á l’honneur d’être ici… là… euh… » M. L’éclaire me jette un regard étonné. « Asseyez-vous là, s’il vous plaît. M. Kounandi, il me semble que vous êtes très nerveux. Il faut que je vous dise qu’il n’y a aucune raison d’être nerveux. Calmez-vous, je connais des situations similaires.» Il me demande pourquoi je me suis inscrit dans ce lycée et pourquoi je suis venu en France. Je lui raconte l’histoire avec Trapani, comment il a promis à ma famille de faire une star de foot de moi et je lui raconte mon odyssée ici en France. « Alors je n’ai jamais eu la possibilité de passer le bac au Mali et après que ma carrière comme footballeur est terminée avant d’avoir commencé, la seule sortie est l’éducation. » J’essaie d’être sincère. « Très bien, M. Kounandi. Et pourquoi ici ? Ben… d’un homme à un autre homme, les filles ici sont adorables », il rit en disant ceci. Franchement, M. L’éclaire était sympa. Nous avons parlé des femmes (c’était lui qui a entamé le sujet) et bien sûr du foot. Finalement je suis content de me mettre en route vers le succès ! Oui, c’est ça ! C’est le début de ma nouvelle carrière !

Chapitre 24 : Chemins croisés
Six ans se sont écoulées depuis cet entretien avec M. L’éclaire. Pendant mon temps au lycée j’avais eu la chance de pouvoir m’adapter à la langue et à la culture française et je me suis habitué à la vie scolaire. En Afrique on apprend de ne jamais oublier d’où on vient. Et c’est comme ça que m’apercevais d’où je venais, même si la France m’a donné une nouvelle chance après un début difficile.  De temps en temps je ruminais en pensant à Trapani qui était ma motivation principale pour passer le bac. J’avais besoin de lui montrer qu’il pouvait se moquer de ma famille mais pas de moi. « Prouve-lui que tu réussiras ton bac et qu’après tu étudieras un jour », je me disais tous les soirs.
Cela faisait six ans depuis le point tournant dans ma vie précédente, mais cela fait plus de neuf ans depuis que j’ai quitté ma famille, mon pays et l’ancien Kounandi. Je ne sais plus le son des voix de mes parents, je ne me souviens plus si ma mère a l’air aimable ou plutôt stricte. C’est une honte immense. Mais à travers l’oubli je peux plus facilement accepter qu’à cause de moi leur vie est devenue triste.

Aujourd’hui je suis assistant du service médical sportif du PSG. Oui c’est moi… Kounandi,  venu en France sans papiers, sans espoir. Oui c’est moi qui ai passé le bac, qui étais deuxième parmi tous les diplômés de la terminale, qui ai reçu une bourse d’études et qui ai suivi des études de médecine de sport à la Sorbonne ! Et ce Kounandi est maintenant assistant au club Paris Saint-Germain.
Issa, mon pote, dont je disais qu’il avait joué à Plabennec en Bretagne, était revenu à Paris pour jouer comme milieu offensif du PSG. Et comme par hasard c’était lui que je voyais dans la rue. L’Issa que je connaissais était devenu Issa la star. Rarement dans ma vie j’étais si heureux et à la fois excité de rencontrer quelqu’un. « Kounandi ? C’est toi ? », il m’avait demandé. « Ça fait longtemps, n’est-ce pas ? », je lui ai répondu en l’embrassant. Soudain on se retrouvait au milieu d’une conversation dont le passé, le présent et l’avenir jouaient un grand rôle.
Quand il avait entendu que j’allais bientôt finir mes études, il m’a proposé d’aller chercher un stage dans son équipe. C’est grâce a lui que le PSG m’a pris d’abord comme stagiaire et après comme assistant.

Actuellement il n’y a qu’une chose qui me tient à cœur…
C’est mon dernier rêve inachevé…
C’est la réunion avec ma famille ! Il y a cinq jours que j’ai écrit une lettre à mes parents pour leur dire qu’ils pouvaient demander asile dans l’ambassade de la France à Bamako. Moi-même, j’ai reçu la nationalité française avant de travailler au PSG, donc je souhaite la naturalisation aussi pour ma famille à qui je dois beaucoup.

Deux mois plus tard…
Je suis assez excité ! – Non ! Je suis tellement excité que je me demande si les gens ici à l’aéroport peuvent aussi entendre mon cœur battre la chamade ? Aujourd’hui, c’est le jour où je vais revoir ma famille après près d’une décennie. « Kounandi, Kounandi ! », une voix très claire m’appelle. Soudain je vois un homme et une femme qui n’a l’air ni aimable ni stricte, mais qui semble avoir retrouvé le plus grand trésor du monde : son fils ! Avec un large sourire d’une joue à l’autre je m’approche de mes parents…

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